23 janvier 2019 A la une - Evenement - Mode

Rencontre avec notre créatrice invitée, Andrée Sorant.

Rencontre avec notre créatrice invitée, Andrée Sorant.
Rencontre avec notre créatrice invitée, Andrée Sorant.

C’est avec Louise Motte, jeune talent de la région lilloise, que Blancheporte a choisi de s’associer cette saison. L’idée : créer une collection capsule à l’image de nos deux univers, colorée, contemporaine, audacieuse et ultra féminine.
Rencontre avec Louise et sa marque, Andrée Sorant…

Qui se cache derrière
Andrée Sorant ?

J’ai créé la marque Andrée Sorant
il y a 5 ans en hommage à ma grand-mère maternelle, une femme très élégante et avant-gardiste, des valeurs que j’avais envie de véhiculer.

Rencontre avec notre créatrice invitée, Andrée Sorant.

Quel est le concept
de ta marque ?

J’ai commencé par les foulards. J’avais envie de remettre au goût
du jour le carré, d’y apporter ma patte pour réinventer cet accessoire que je trouve emblématique et indémodable.
D’habitude, on a une composition très concentrique, un dessin de carré dans un carré. J’avais envie de bousculer le cadre et de changer la composition, ce qui permet, quand on plie son foulard dans un sens ou dans l’autre, de mettre en avant l’un ou l’autre motif, et d’obtenir deux foulards en un.

Comment est née ta passion pour le textile ?

Mon père était architecte, ma mère avait un dépôt-vente de vêtements. J’ai toujours baigné dans un milieu créatif, avec des parents sensibles
à l’art et aux arts appliqués. J’ai assez naturellement choisi une filière artistique vers le dessin textile
et j’ai vraiment trouvé ma voie.

Rencontre avec notre créatrice invitée, Andrée Sorant.

Tu as donc été inspirée par ta grand-mère et par ta mère...

Oui, j’ai développé un goût naturel
pour les beaux vêtements et l’allure des années 50.
J’ai aussi beaucoup d’influences issues de l’architecture. Les espaces, le traitement de la lumière… j’essaie de transfigurer les grands principes de l’architecture dans mes dessins textiles. Je suis également influencée par des photographes, des peintres. J’aime beaucoup William Eggleston, Jacques-Henri Lartigue, Matisse, David Hockney…
Un journaliste avait un jour défini mes motifs comme “retro raffinés”.

Quelles sont les autres femmes qui ont influencé ta vie artistique ?

Durant mes études, j’ai fait un long stage dans un bureau adjacent au studio de Madame Rykiel. J’ai eu la chance de beaucoup la voir travailler et j’ai toujours été très

impressionnée par sa façon d’être
sûre de ses choix, de reconsidérer les choses jusqu’à ce qu’elle soit complètement satisfaite de la silhouette d’un produit. C’est une femme qui a monté sa boutique de tricots seule et qui en a fait cette grande maison icônique. Elle n’hésitait pas à bousculer les codes.

Comment as-tu envisagé cette collaboration avec Blancheporte ?

J’ai réalisé que mes dessins allaient pouvoir s’adapter à d’autres produits, du linge de lit, des coussins, des pièces de prêt-à-porter… et que c’était bien de pouvoir s’adresser à un plus grand nombre de personnes.
J’ai trouvé intéressant ce travail collectif et cette volonté de proposer des choses nouvelles à la cliente.

Rencontre avec notre créatrice invitée, Andrée Sorant.

Quelles sont tes inspirations pour cette collection capsule ?

J’ai travaillé sur un thème “Brasilia : modernisme et tropiques”. Je voulais associer des architectures très linéaires et très modernes à la nature luxuriante du Brésil.
J’ai traité la cohabitation entre matière minérale, architecture et la nature très verte, très dense.

Rencontre avec notre créatrice invitée, Andrée Sorant.
Rencontre avec notre créatrice invitée, Andrée Sorant.

Comment perçois-tu la femme moderne, la femme Andrée Sorant ?

Indépendante. J’aime travailler le côté unisexe parce que je pense que la femme Andrée Sorant se réapproprie des codes masculins et les féminise en accessoirisant ou en détournant la façon dont ils sont portés habituellement.

Cette collaboration met en avant les talents féminins.
Qu’en penses‑tu ?

C’est une bonne chose de donner aux jeunes créateurs cette visibilité et cette confiance. Dans la mode et dans la création, les choses sont encore très centralisées à Paris alors qu’il y a beaucoup de dynamisme aussi dans les régions et surtout ici, dans les Hauts de France, bassin textile. Il reste un attachement fort au textile et à la création.
C’est important aussi de montrer que l’on peut être une femme et se lancer dans ce genre de défi. C’est tout à fait dans l’air du temps, sans être un combat féministe, une prise de conscience générale maintenant que l’égalité homme-femme tend à être une évidence pour tout le monde.
C’est le reflet de la société actuelle, de ce qui a changé.

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